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Il me passe souvent des envies d’écrire, de partager, de me défouler, de chialer. Lisez-moi alors, si le coeur vous en dit! 

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7 avril 2022 – AHHHhh les entrepreneurs…


J’ai lu cet article cette semaine: https://www.lesaffaires.com/blogues/dominic-gagnon/la-fin-du-vedettariat-entrepreneurial-svp/630631 , qui porte sur le vedettariat entrepreneurial. 

J’entends souvent des phrases qui montrent que l’entreprenariat est vraiment adulé au Québec. (Tu dois tellement être libre, tu es tellement chanceuse d’avoir ton entreprise, de ne pas avoir de patron sur le dos, etc…)

Les entrepreneurs. Les  »BOSS ». Ces personnes qui ont osé, qui foncent dans la vie, qui ont l’air d’être forts, inébranlables. Ces passionnés de leur métier qui donnent l’impression d’être parfaitement en contrôle, en tout temps. L’IMPRESSION. Ouaip. 

Si vous saviez!

La vérité….c’est que j’en connais BEAUCOUP, des entrepreneurs, des artisans, des travailleurs autonomes… Ceux qui gravitent autour de moi (sûrement les autres aussi là, je peux pas me prononcer 😂) sont des gens merveilleux, créatifs, allumés et bourrés de talent…Ils s’illuminent à chaque petite victoire, s’abreuvent de chaque commentaire positif et s’inspirent du négatif pour devenir meilleurs. Ils rebondissent comme des AS quand arrive un obstacle ou un échec.

Et il y a l’autre côté de la médaille. Parce que ce sont aussi ces mêmes gens merveilleux qui sont rongés par l’anxiété et les embûches, qui sont épuisés par leurs journées à éteindre des feux en plus de gérer tout le reste. Parce que les journées ne se terminent jamais. Même en famille, avec les amis, au cinéma, et même en dormant, ils ont toujours une petite pensée pour leur entreprise. Sur ce qui a été fait dans le passé, sur ce qu’ils devront faire dans le futur, sur ce qu’il ne faut pas oublier de faire dans le présent.

Je parle à la troisième personne depuis le début….mais je fais partie de ces gens là, moi aussi! (heureusement ET malheureusement. 🤐)

Moi, Sarah Potvin, propriétaire de Côté fleur côté couleur, je me lève le matin pour rendre des gens heureux. Pour célébrer les événements spéciaux dans la vie des gens. C’est pas rien ça! 

Depuis 5 ans je me lève le matin et je crée une entreprise. Et même si j’en suis fière, je me demande aussi chaque semaine pourquoi je m’inflige ça. 

Je repousse quotidiennement la peur, l’inquiétude et les soucis du revers de la main pour tenter de faire mieux. J’ai annulé des partys, des vacances, des beaux moments en famille pour mon entreprise. Je finis souvent tard au grand dam de mon chéri et de mes enfants qui m’attendent constamment. Je devrais mettre mon site web à jour. J’ai plein d’idées que je n’ai pas le temps de mettre en action. Je suis sur mon ordi/mon téléphone trop souvent, même le soir quand je devrais plutôt décrocher et me reposer. Je suis parfois impatiente avec ceux que j’aime, quand il y en a trop sur mes épaules en même temps. Je me sens coupable parce que je ne gère pas mes réseaux sociaux assidûment. Je me compare constamment aux autres (l’herbe a tellement l’air plus verte chez le voisin) et je me demande constamment comment j’aurais pu tout faire mieux, je suis le juge le plus dur de la terre entière envers moi-même! 

Cette impression de grandeur doit cesser. Parce que, quand vous demandez à un entrepreneur comment vont les affaires, il ne vous répondra jamais la vérité. Car il veut que tous croient que tout va pour le mieux afin que son égo et sa réputation restent intacts. Lorsque vous voyez un entrepreneur et qu’il vous accueille en souriant, vous avez en réalité devant vous une personne tourmentée qui recommencera à éteindre des feux lorsque vous le quitterez.

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23 octobre 2021

On me dit souvent que j’ai vraiment une belle job. C’est vrai! Mais mon parcours fut assez sinueux pour m’y rendre!

Quand j’ai terminé le secondaire j’étais inscrite en sciences humaines pour débuter des études en psycho. Une semaine plus tard j’allais déjà au cegep de reculons. Je suis une artiste, pas une scientifique. J’ai donc déménagé du Saguenay vers la rive-nord de Montréal pour me dépayser. J’avais 17 ans, ma mère était pas super enchantée mais elle a signé tous les papiers en soupirant…Pauvre mère… haha 😂!

J’ai ensuite étudié en arts. Et en design d’intérieur. Quatre ans d’études et beaucoup de dettes plus tard, j’étais complètement déboussolée. Je ne me sentais pas à ma place dans mes cours, alors que j’étais une artiste depuis toute ma vie…Misère!

Je travaillais dans une épicerie les soirs et les fins de semaine, et à même l’épicerie il y avait une boutique de fleurs/cadeaux. Un après-midi la fleuriste était malade. Un client voulait des fleurs. Ma patronne m’a poussé dans le frigo et j’ai fait mon premier bouquet. C’était assurément épouvantable comme arrangement (Désolée encore, monsieur!) mais ça m’a amené à faire des recherches ce soir-là….et j’ai compris.

C’était ça. Un métier qui allie la nature, la dextérité, les couleurs, le design, la finesse, les textures, les émotions.

Deux jours plus tard je me suis inscrit à l’école de fleuristerie. Je suis revenue au Saguenay faire mon cours. Fin octobre 2007 j’avais mon diplôme et je partais pour Sherbrooke travailler.

Je savais déjà que je voulais ma propre entreprise un jour. Les entrepreneurs ont la tête dure. Ils sont résilients. Ils veulent changer le monde. Ça me parlait beaucoup ça! Mais je voulais acquérir toute l’expérience possible avant de le faire. Dix ans plus tard Côté fleur côté couleur est arrivé! 💐

Depuis quatre ans, ma boutique m’a permis de rencontrer des gens merveilleux, en plus de vivre de ma tête dure, de ma résilience et de mon envie de changer le monde, une fleur à la fois!

Voici une photo de mon premier bouquet de mariée à vie en 2007 versus un des derniers. La mode change. 😂

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7 août 2021

Cette semaine il m’est arrivé quelque chose de totalement…Ahurissant…En tant qu’humain on ne peut pas passer à côté des autres sans rien faire. Je suis fière d’avoir agi, malgré les représailles qu’on vit suite à ça, malgré l’anxiété que cela apporte en ce moment dans ma petite bulle familiale, et par le fait même au cœur de mon entreprise, parce que mon entreprise va croche quand MOI je vais croche.

Il faut que ça change une fois pour toutes….

En juin, mon chéri et moi sommes intervenus lors d’un épisode de violence conjugale. Au début on ne comprenait pas ce qui se passait mais quand on a entendu les enfants hurler de terreur on n’a pas hésité une seconde à réagir. J’ai appelé la police pendant que mon chum est descendu gérer le champion violent et sa femme en crise. Le gars s’est fait embarquer, la femme a passé la soirée à jaser avec les policiers. Elle a porté plainte, il a reçu un interdit de contact.

Dans les jours qui ont suivi, on a tenté de calmer nos enfants traumatisés du mieux qu’on a pu, on a beaucoup parlé de la situation, parce qu’ils ne comprenaient pas que des gens pouvaient agir de la sorte. Ils avaient peur que le gars revienne faire du mal à sa femme ou qu’il s’en prenne à nous. Les semaines sont passées, la vie a repris son cours. Jusqu’à hier.

Hier soir, ma famille et moi sommes devenus des victimes collatérales de ce cas de violence conjugale. Collatérale, ou la conséquence négative d’une action posée.

La conséquence négative de l’action que NOUS avons posée: Hier soir, un dude à capuchon est venu donner un coup de couteau dans les pneus avant de notre auto. C’était visé directement à nous, des voisines ont été témoins de la scène. Une personne a décidé qu’on devait payer parce qu’on a refusé de se taire, parce qu’on a refusé de prendre la chance qu’une autre femme ne devienne une statistique. Parce qu’on a AGI. Je suis en état de choc depuis. Devant la violence inouïe qui ressort de l’intention de ce geste. On a carrément attenté à nos valeurs humaines…

Je tiens à te féliciter mon gars, parce que tu as réussi ta vengeance haut la main! Nous sommes complètement terrorisés, plus par ta démarche que par le geste, et nous ne savons pas du tout comment agir face à la situation. J’ai passé la nuit et la journée dans la tourmente la plus totale à me demander sans cesse si cette fois serait la seule fois, et si dans ta tête on était quitte. Tu vas être content, je vais continuer à angoisser pendant plusieurs semaines, je suis très douée pour me faire tous les scénarios du monde. Mon homme est comme un lion en cage, il fait sans cesse le tour des fenêtres de la maison depuis le début de la soirée pour s’assurer que rien ne se passe, au lieu de s’écraser sur son divan pour décompresser. Je sais pertinemment qu’il n’aura pas l’esprit tranquille pendant un méchant bout. On a dû expliquer à nos enfants ce matin pourquoi les pneus de l’auto étaient à plat. On a décidé de leur dire la vérité, pour qu’ils sachent que des gens comme toi ça existe. Ils sont tristes, ils ne comprennent pas comment quelqu’un peut être aussi méchant quand on a au final posé une bonne action. Oh! Et tu vas rire, mon gars, parce qu’on va devoir débourser plus de 800$ pour ton geste, les assurances payent une petite partie des dommages, oui, mais en plus de la franchise on doit changer les 4 pneus pour éviter les éventuels problèmes avec notre 4X4. Ça coûte cher, hein, dénoncer!

Fais en ce que tu en veux, mais on t’a peut-être évité de poser un geste irréparable ce soir-là. Personne ne saura jamais jusqu’où tu serais allé, parce qu’on t’a coupé l’herbe sous le pied au bon moment. On s’était dit, quand tu es parti dans l’auto de police en juin, que peut-être cette situation te donnerait un coup de pied au cul pour te guérir. Pour cesser ta consommation, pour apprendre à gérer ta colère et ton impulsivité. C’était un maudit beau moment pour essayer, en tout cas. Et toi tu as choisi de continuer à être un imbécile. On n’a pas de preuves que c’est toi, pas encore. Je souhaite que tu aies fait une erreur quelque part quand tu as élaboré ton plan, que tu te fasses prendre et que tu vives avec les conséquences de ton geste. Sincèrement.

Être victime de ce méfait m’a fait remettre en question la position des voisins et des spectateurs de la violence conjugale et domestique. Est-ce que je vais avoir le même réflexe si un jour je suis à nouveau témoin d’un incident de la sorte? C’est probable, parce que la souffrance des autres me fait trop mal au cœur pour ne pas agir. Par contre, je comprends maintenant pourquoi certaines personnes choisissent de se taire et préfèrent se dire que ce qui se passe chez le voisin ne les regarde pas. Je comprends qu’on puisse avoir peur des représailles, qu’on puisse avoir peur de mettre sa famille en danger sous les menaces d’une personne malsaine. Je comprends ce que c’est d’avoir peur.

Si je peux donner un conseil malgré tout….Parlez, dénoncez, ne laissez personne tenter de vous intimider. Ce sont eux qui sont dérangés. Pas vous.

https://sosviolenceconjugale.ca/

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27 avril 2021 – Une des raisons pour lesquelles j’aime mon travail, prise 129 455.

La semaine passée, la talentueuse photographe https://www.sandraleoesteves.com/ m’a demandé un bouquet d’œillets rouges pour l’épicerie Portugaise de son mari, la Casa Fernando.

J’étais déjà contente de faire un arrangement pour une personne que j’apprécie, quand elle m’a révélé la raison de sa commande, là c’est la fierté de participer à son projet qui a pris toute la place!

Le 25 avril, c’est la révolution des œillets au Portugal! Pour célébrer la fin de la dictature en 1974, les soldats ont porté des œillets rouges au canon de leurs fusils en signe de libération! C’est tellement fort comme geste! Depuis, au Portugal les œillets rouges sont un véritable symbole de victoire, de délivrance, de joie et de paix!

Et nous, grâce à nos fleurs on a participé un peu à l’histoire. J’ADORE 😍😍😍

Pour en savoir un peu plus sur cette belle histoire : https://monlisbonne.com/blog/25-avril-revolution-oeillets/

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